Réforme des retraites : le nouveau décret qui bouleverse les carrières longues pour les générations nées entre 1964 et 1970

Les âges minimaux de départ, génération par génération
C’est ici que les choses deviennent concrètes. Le projet de décret fixe des âges minimaux précis selon l’année de naissance, ce qui permet à chacun d’anticiper sa date de départ. Voici les principaux repères à retenir :
- Natifs de 1964 : l’âge minimal reste fixé à 60 ans et 6 mois.
- Natifs de janvier à mars 1965 : l’âge minimal demeure à 60 ans et 9 mois.
- Natifs de décembre 1965 : l’âge minimal est abaissé à 60 ans et 8 mois, ce qui permet un départ plus précoce.
- Générations 1966 à 1970 : l’âge minimal progresse de 60 ans et 9 mois (pour 1966) jusqu’à 61 ans et 9 mois (pour 1970).
À première vue, ces ajustements semblent techniques. Mais ils ont des conséquences très concrètes sur le moment où vous pourrez effectivement poser votre dossier. Pour un salarié né en fin d’année 1965, gagner un mois sur l’âge de départ peut représenter une bouffée d’oxygène après des décennies de cotisation.
Trimestres cotisés : qui gagne vraiment, qui ne gagne rien
Le débat ne porte pas uniquement sur l’âge. La durée de cotisation, elle aussi, évolue selon la génération. Les natifs de 1964 et 1965 bénéficient d’un trimestre supplémentaire. Le premier trimestre de 1965 voit même sa durée cotisée portée à deux trimestres, au lieu d’un seul. Un avantage non négligeable pour celles et ceux qui cherchent à valider leur taux plein.
Mais à partir de 1966, la donne change radicalement : aucune génération ne bénéficie plus d’un gain de trimestres. La durée cotisée reste alignée sur celle des autres carrières. Autrement dit, l’effort demandé se maintient, sans contrepartie supplémentaire.
Cette situation a fait réagir la CFDT retraités. Selon Claude Wagner, porte-parole de l’organisation, l’abaissement de l’âge d’un trimestre n’apportait, dans les faits, aucun gain réel à certains assurés. La raison ? Beaucoup étaient déjà partis à la retraite avant l’entrée en vigueur de la réforme. Un constat qui illustre le décalage entre les annonces gouvernementales et la réalité vécue par les travailleurs concernés.
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