Cancer du poumon : la pollution de l’air serait responsable de près de 20 % des décès dans le monde

Le nombre de décès par cancer du poumon recule à l’échelle mondiale, mais un facteur de risque pèse encore lourd dans le bilan. Selon une étude américaine, la pollution atmosphérique serait associée à près de 20 % de la mortalité mondiale par cancer de la trachée, des bronches et du poumon. Un chiffre qui place la qualité de l’air juste derrière le tabac dans la liste des causes de décès liées à cette maladie.
Une baisse de 8 % des décès, mais des disparités marquées
Ces conclusions proviennent de chercheurs du Sylvester Comprehensive Cancer Center, aux États-Unis. Leurs travaux, publiés dans la revue eClinicalMedicine, portent sur la période 1990-2019 et sur les dix pays les plus peuplés de la planète. Résultat : le nombre de décès par cancer de la trachée, des bronches et du poumon y a diminué de 8 % en trente ans.
Cette évolution globalement favorable ne doit pas masquer l’ampleur du problème. En France, selon l’Institut national du cancer (Inca), le cancer du poumon est le troisième cancer le plus répandu et la première cause de décès par cancer. Le pronostic reste sombre : cinq ans après le diagnostic, le taux de survie atteint en moyenne 9 % chez les femmes et 6 % chez les hommes.
Face à ces chiffres, comprendre quels facteurs de risque contribuent le plus à la mortalité devient un enjeu majeur de santé publique, de prévention et de prise en charge des patients.
Pollution atmosphérique et cancer du poumon : un lien encore débattu, mais de mieux en mieux documenté
Pour mesurer le poids de chaque facteur de risque, les chercheurs ont exploité les données open source du Global Burden of Disease. Ils ont observé que, entre 1990 et 2019, la répartition des facteurs de risque du cancer de la trachée, des bronches et du poumon a évolué.
Le nombre total de décès attribuables à la pollution de l’air a baissé sur la période. Pourtant, un indicateur va dans le sens inverse : les décès directement liés aux particules fines (PM 2,5) ont progressé de 11 %. Ces microparticules, suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les voies respiratoires, sont au cœur des préoccupations des spécialistes de l’environnement et de la santé.
Les résultats varient fortement d’un pays à l’autre. La Chine affichait des taux deux fois supérieurs à la moyenne mondiale. Les auteurs soulignent aussi le cas de l’Inde, où la pollution atmosphérique est notamment liée à l’incinération des déchets solides.
Estelamari Rodriguez, membre de l’équipe de recherche et co-directrice du groupe des maladies du site thoracique de Sylvester, reconnaît que le lien entre mortalité par cancer du poumon et pollution de l’air reste controversé. Elle estime néanmoins que de plus en plus de preuves démontrent l’existence d’un lien qui mérite d’être pris en compte. Selon elle, le rapport apporte une preuve supplémentaire que le problème ne se limite pas à un seul pays : il s’agit d’un phénomène mondial.
Le tabac demeure toutefois le premier facteur de risque, et l’étude apporte sur ce point des données précises, ainsi que sur un autre risque que l’on pensait en recul : l’amiante. → Découvrez la suite en page 2.
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