Santé

Cancer du poumon : la pollution de l’air serait responsable de près de 20 % des décès dans le monde

Tabagisme : toujours la première cause de décès par cancer du poumon

Malgré les progrès de la lutte contre le tabac, la cigarette reste le principal facteur de risque. Les chercheurs ont mesuré la part des décès liés au tabagisme. Leur étude indique que ce pourcentage est passé de 72 % en 1990 à 66 % en 2019. Le recul est réel, mais il laisse le tabac très largement en tête.

Cette baisse n’est pas uniforme. En Chine et en Indonésie, la mortalité par cancer liée au tabac continue d’augmenter. À l’échelle mondiale, chez les femmes, les spécialistes relèvent par ailleurs une hausse de 2 %.

Ces écarts montrent que l’évolution des comportements, des politiques de prévention et des contextes nationaux conditionne fortement la mortalité par cancer du poumon. Un recul global peut cacher des situations très contrastées selon les pays et selon les populations.

Amiante : un facteur de risque toujours présent malgré son interdiction

Troisième cause et facteur de risque du cancer du poumon selon l’étude, l’amiante reste un sujet de préoccupation, alors même que son usage est interdit dans de nombreux pays. Les chercheurs relèvent que, malgré des progrès significatifs dans l’interdiction de l’amiante, les décès par cancer liés à cette substance aux États-Unis demeurent près du double de la moyenne mondiale.

Ce constat rappelle que les effets d’une exposition peuvent se manifester longtemps après l’interdiction d’une substance. Il illustre aussi la difficulté de mesurer précisément l’impact de chaque facteur de risque dans le temps.

Vers une médecine de précision selon les facteurs de risque

Au-delà du bilan chiffré, les auteurs de l’étude formulent une recommandation tournée vers la recherche médicale. Ils appellent à mieux comprendre l’ensemble de ces facteurs de risque et la façon dont chacun influence les altérations moléculaires du cancer du poumon.

L’objectif est de parvenir à une médecine ciblée et de précision. Concrètement, la prise en charge des patients atteints d’un cancer du poumon pourrait être adaptée en fonction des facteurs de risque auxquels ils ont été exposés, qu’il s’agisse du tabac, de la pollution de l’air ou de l’amiante.

Ce qu’il faut retenir

  • Le nombre de décès par cancer de la trachée, des bronches et du poumon a baissé de 8 % entre 1990 et 2019 dans les dix pays les plus peuplés.
  • La pollution atmosphérique serait associée à près de 20 % de la mortalité mondiale par ce type de cancer.
  • Les décès directement liés aux particules fines (PM 2,5) ont augmenté de 11 %, malgré la baisse du total des décès liés à la pollution de l’air.
  • Le tabagisme reste le premier facteur de risque, même si la part des décès qui lui sont liés est passée de 72 % à 66 %.
  • L’amiante occupe la troisième place des facteurs de risque, et les décès qui lui sont liés aux États-Unis restent près du double de la moyenne mondiale.
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