Astuce

Morsure de serpent : les 6 gestes qui peuvent vraiment faire la différence

5. Attention au bandage compressif : il ne faut pas l’appliquer systématiquement

C’est ici qu’une nuance importante mérite d’être précisée.

On entend souvent qu’il faudrait immédiatement réaliser un bandage compressif sur tout le membre, mais cette technique n’est pas adaptée à toutes les morsures.

La méthode dite de pression-immobilisation peut être utile dans certaines situations, notamment pour certaines espèces dont le venin est principalement neurotoxique. En revanche, elle peut être déconseillée lorsque le venin provoque surtout des lésions importantes au niveau des tissus autour de la morsure.

Autrement dit : ne reproduisez pas automatiquement une technique vue sur Internet.

La conduite à tenir dépend de l’espèce présente dans la région, du type de venin et des protocoles locaux de prise en charge.

Si vous avez été formé à cette technique et que les recommandations médicales locales la préconisent pour les serpents de votre région, elle peut être utilisée correctement. Dans le cas contraire, le réflexe universel reste l’immobilisation et l’accès rapide aux soins.

6. Ne tentez surtout pas de capturer le serpent

Même si vous pensez qu’identifier l’animal pourrait aider les médecins, ne prenez aucun risque supplémentaire.

Ne poursuivez pas le serpent. Ne tentez pas de le tuer. Ne cherchez pas à le coincer ou à le photographier de près.

Une deuxième morsure pourrait transformer une urgence médicale en situation beaucoup plus grave.

Si une photographie peut être prise à distance et sans aucun danger, elle peut éventuellement aider les professionnels à identifier l’espèce. Mais cela ne doit jamais retarder l’appel aux secours ou exposer quelqu’un à un nouveau risque. L’OMS recommande clairement de ne pas rechercher ou manipuler le serpent lorsqu’il est encore présent.

Et si la victime commence à avoir du mal à respirer ?

La situation devient alors une urgence médicale absolue.

Une personne victime d’une envenimation peut présenter différents symptômes selon le venin : troubles neurologiques, faiblesse musculaire, saignements, réactions générales ou difficultés respiratoires.

Il faut surveiller constamment son état en attendant les secours.

Si elle vomit ou perd connaissance tout en respirant normalement, les personnes formées aux premiers secours doivent appliquer les gestes adaptés pour protéger les voies respiratoires.

Si elle ne respire plus normalement, il faut suivre les instructions données par les services d’urgence et commencer une réanimation si nécessaire et si l’on est en mesure de le faire.

L’objectif n’est plus alors de traiter soi-même la morsure, mais de maintenir les fonctions vitales jusqu’à l’arrivée des professionnels de santé.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Face à une morsure de serpent, certaines idées reçues peuvent coûter cher.

Évitez notamment :

  • de faire un garrot très serré ;
  • de couper ou inciser la plaie ;
  • d’aspirer le venin ;
  • de masser la zone mordue ;
  • d’appliquer de la glace directement sur la morsure ;
  • d’utiliser des produits chimiques ou des remèdes traditionnels ;
  • de faire marcher la victime inutilement ;
  • de chercher à capturer le serpent ;
  • de retarder les soins médicaux pour attendre l’apparition de symptômes.

Ces gestes ne remplacent jamais une prise en charge médicale. Plusieurs sont explicitement déconseillés par les recommandations internationales.

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