Mort de Nahel: le parquet de Nanterre requiert un procès pour meurtre

Mort de Nahel : le parquet requiert un procès pour meurtre contre le policier qui a tiré
Le 4 mars 2025, le parquet de Nanterre a requis le renvoi devant une cour d’assises du policier Florian M., mis en examen après la mort de Nahel, 17 ans, tué par balle lors d’un contrôle routier à Nanterre en juin 2023. Dans son réquisitoire définitif, le ministère public a estimé que le fonctionnaire avait eu l’intention de donner la mort et que les conditions de la légitime défense n’étaient pas réunies.
Cette demande de procès constituait alors une nouvelle étape majeure dans une affaire qui avait profondément marqué la France et provoqué plusieurs nuits d’émeutes après la mort de l’adolescent. Le parquet estimait notamment que le tir effectué à très faible distance, à travers le pare-brise du véhicule, ne pouvait être considéré comme absolument nécessaire et proportionné au danger auquel le policier était confronté au moment précis des faits.
Un procès pour meurtre requis le 4 mars 2025 à Nanterre
Le parquet de Nanterre a requis le renvoi de Florian M. devant la cour d’assises pour meurtre. Cette réquisition, annoncée le 4 mars 2025, constituait une étape importante de la procédure judiciaire engagée après la mort de Nahel.
Le ministère public a également demandé un non-lieu concernant le second policier présent lors de l’intervention, qui était alors mis en cause sous le statut de témoin assisté pour complicité de meurtre.
Il est essentiel de rappeler qu’une réquisition du parquet ne constitue pas une condamnation. Le policier bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’une décision définitive de justice n’a pas établi sa culpabilité.
La question centrale du dossier porte notamment sur l’intention au moment du tir et sur les conditions légales permettant à un policier de faire usage de son arme à feu.
Un adolescent de 17 ans tué lors d’un contrôle routier à Nanterre
Le 27 juin 2023, Nahel, âgé de 17 ans, conduisait une voiture à Nanterre lorsqu’il a refusé d’obtempérer à un contrôle de police. Une course-poursuite s’est ensuite engagée avant que le véhicule ne soit bloqué par la circulation.
Une vidéo filmée par une passante a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Les images montrent deux policiers à proximité du véhicule et l’un d’eux faisant usage de son arme alors que la voiture redémarre. Nahel est mortellement touché au niveau du thorax par un tir effectué à travers le pare-brise.
Le policier a expliqué au cours de la procédure qu’il avait tiré afin de stopper la fuite du véhicule. Selon sa version, il aurait cherché à viser une partie non vitale de la voiture et non directement le jeune conducteur. Les expertises citées dans le dossier ont par ailleurs considéré comme crédible l’hypothèse selon laquelle le mouvement du véhicule aurait pu modifier la trajectoire initialement recherchée du tir.
Florian M. avait été mis en examen et placé en détention provisoire pendant plusieurs mois avant d’être libéré sous contrôle judiciaire.
La mort de Nahel avait ensuite déclenché plusieurs nuits d’émeutes dans différentes villes françaises. L’affaire avait également relancé les débats sur l’usage des armes par les forces de l’ordre, les contrôles routiers, les violences policières et les relations entre police et population dans certains quartiers.
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